Formose vue par un marin français du XIXe siècle
Un livre de Stéphane Ferrero

La correspondance du jeune Jean, mousse embarqué dans la campagne navale française en Extrême Orient. Un récit épistolaire spontané et irrévérencieux.

Marseille n’est pas un port pour rien. La cité phocéenne, riche de son point stratégique pour l’histoire coloniale française, accueille plusieurs importants centres documentaires sur le Sud-est asiatique (*cf. article sur la recherche dans la section "Tribune"). Des milliers d’archives attendent encore d’y être dépouillées et exploitées, et on peut imaginer ce qui s’y trouve, à la disposition du public ou du chercheur qui se laisserait happer par la « magie » de l’Histoire.
Stéphane Ferrero, lui, y a découvert un petit bijou : le témoignage de Jean, un tout jeune mousse, qui raconte avec ses mots l’expédition de l’amiral Courbet à Formose. Dans de savoureuses lettres à ses proches, Jean fait le récit de cette expédition navale, à une époque où les puissances occidentales cherchent à étendre leur emprise commerciale en formant un empire colonial toujours plus ambitieux aux confins des terres les plus éloignées.

Taiwan, à cette époque, est connu sous le nom de Formose, et les Hollandais en ont déjà popularisé le nom portugais en Europe depuis leur aventure coloniale sur l’île au XVIIe siècle. Mais l’Asie reste un continent « extrêmement oriental » à cette époque, et les lettres de l’adolescent sont publiées dans le périodique La Terre Illustrée à la plus grande joie des lecteurs. Le succès de presse ponctuel de cette publication n’empêchera pourtant pas le témoignage de rester largement méconnu, jusqu’à ce nouveau toilettage que nous en fait Stéphane Ferrero, passionné d'Histoire et fin connaisseur de Taiwan.Il nous explique dans un entretien ce qui l’a amené à travailler sur ce livre.

Un petit livre de 160 p, facile à lire, dans une collection décalée comme se plaît à faire l’Harmattan dans ses choix souvent éclectiques. Des coquilles et fautes apparaissent hélas dans l’ouvrage, qui aurait pu bénéficier d’un plus grand soin à l’édition. Mais le fil narratif tient le lecteur tout au long du récit historique qui accompagne et met en contexte les lettres de Jean.
Ce précieux document est un régal, et c’est tant mieux ! Formose vue par un marin français du XIXe siècle.
Par Stéphane Ferrero, aux éditions l’Harmattan, coll. Mémoires asiatiques, Paris, 2005.

La correspondance du mousse est précédée d’un éclairage historique très complet et d'une présentation des relations franco-chinoises de l’époque, avec Formose au centre de ces relations.


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Iris Tam-Tsi, septembre 2006


 

 

 

 


"Formose vue par un marin français du XIXe siècle"
L'Harmattan, coll. Mémoires asiatiques